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J’ai cru investir dans le diamant, c’était une arnaque

Dernièrement, je vous ai parlé des combines trompeuses de Nicolas Gaiardo qui se nourrit de la détresse de nous autres victimes d’escroqueries. Aujourd’hui, dans un registre similaire, je vous raconterai la détresse de Catherine, une proche voisine, qui a connu, elle aussi, le calvaire des arnaques. En investissant dans la diamant, elle a perdu 22 000 €. 

L'arnaque aux diamants, une magouille bien rodée

Catherine est une retraitée de 64 ans. Un bon matin, elle a été contactée par un inconnu alors qu’elle n’a pas souvenir d’avoir laissé ses coordonnées quelque part, pas même sur les réseaux sociaux qu’elle fréquente peu. 

L’inconnu au téléphone se présente à elle dans un français impeccable en rivalisant de courtoisie et de galanterie. «J’ai été séduite et mise en confiance», m’avoue-t-elle un peu honteuse. Il lui a laissé quelques jours de réflexion avant de la rappeler. 

Toujours poli et à l’écoute, l’inconnu lui pose quelques questions sur sa situation financière et ce qu’elle envisageait de faire de ses économies. Elle a constaté avec lui que son banquier avait beaucoup de mal à lui proposer des investissements rentables. 

C’est là que le mystérieux prestataire saisit la perche pour lui proposer un investissement dans le diamant. «C’est une valeur refuge» lui répétait-il plusieurs fois, avant de la convaincre que cette opportunité ne lui sera pas offerte deux fois et qu’il est temps d’investir là-dedans pour des «rendements exceptionnels». 

Catherine reconnait qu’il lui a forcé, quelque peu, la main en déroulant ses meilleurs arguments : 

  • «Il utilisait des mots techniques, un mélange de français et d’anglais. Je n’étais pas sûre de tout comprendre, mais il avait l’air de savoir de quoi il parlait. C’était une sorte de spécialiste.».
  • «Il citait plein de noms que je ne connais pas non plus. Il me disait qu’untel travaillait à la télévision, untel intervenait dans la célèbre émission de machin…».
  • «Et puis, il me faisait part des pourcentages annuels que j’allais gagner… 12 %, je crois, et reconvertissait le pourcentage en chiffres, en euro, c’était énorme». 

De plus, Catherine voulait, à tout prix, filer à coup de main à sa fille pour payer ses études supérieures dans une école prestigieuse. «Je crois au destin, je me suis laissée guider par celui que je croyais être un ange gardien», ajoute-t-elle, non sans amertume. 

La promesse de rendements exceptionnels

C’est très exactement ce point-là qui a fait succomber Catherine. L’homme au bout du fil lui expliquait que cet investissement était infaillible et qu’il sera à tous les coups rentable, sûr et garanti. Il lui martelait que dans quelques années, le diamant allait exploser et qu’elle sera heureuse d’avoir su saisir cette occasion pour s’enrichir. 

Mais ce qui l’a décidé définitivement à franchir le pas, me disait Catherine, c’est un JT qu'elle s'est souvenue avoir vu, quelques années plus tôt, sur France 2. David Pujadas expliquait à l’époque que beaucoup se ruaient sur le diamant et que c’était, en gros, une bonne idée. «Ce genre de propagande médiatique accrédite les pires mensonges», me dit-elle sur un ton plus grave. 

Elle a donc accepté les termes du contrat et a commencé à investir de plus en plus en achetant des diamants (en réalité fictifs) jusqu’à ce que … 

Le vendeur de rêves se volatilise 

Voilà, on y arrive : une fois que le pigeon -le client- a suffisamment investi, l’arnaqueur -le prestataire- au bout du fil disparaît dans la nature. Il ne donne plus de nouvelles en se rendant injoignable et l'adresse prestigieuse qu'il a donnée s'avère, elle aussi, fictive. «J’essayais toute la journée de l’appeler, en vain», me dit Catherine, désespérée. 

Tu m’étonnes ! À vrai dire, les diamants que croyait acheter Catherine n’ont jamais existé. Elle a investi 22 000 € dans le vide. Cette somme qui devait être fructifiée et atteindre des plafonds inimaginables est comme jetée par la fenêtre. Ça n’a pas servi à payer les études de sa fille. 

Je vous laisse donc imaginer dans quel désarroi se trouve actuellement Catherine. Cette histoire s’est passée en 2017 et elle n’a toujours pas digéré cette escroquerie qui lui a laissé des séquelles et l’a amenée à subir d’interminables insomnies. Elle a, bien sûr, déposé plainte, mais ce n’est pas ça qui va lui rendre son argent.